On parle beaucoup de conserver ses capacités en vieillissant. C'est important. Mais ce n'est qu'une partie de l'histoire.
Après 55 ans, on peut aussi continuer à apprendre avec son corps.
Développer sa force. Améliorer sa mobilité. Affiner son équilibre. Apprendre de nouveaux mouvements. Découvrir de nouvelles façons de se déplacer.
Et parfois, découvrir des capacités que l'on n'aurait tout simplement jamais imaginé développer à cet âge.
C'est cela, entre autres, que permet le travail du mouvement.
Le mouvement, ce n'est pas seulement faire de l'exercice
Faire de l'exercice est excellent pour la santé.
Mais le travail du mouvement va chercher quelque chose de différent. Il s'intéresse à tout ce que votre corps peut apprendre à faire.
- Se déplacer dans différentes directions
- Changer d'appui
- Passer du sol à la position debout
- S'accroupir, tourner, porter, pousser, tirer
- Maintenir son équilibre et récupérer un déséquilibre
- Coordonner plusieurs parties du corps
- Explorer une nouvelle position
Ce sont des choses que nous faisons naturellement lorsque nous sommes jeunes. Puis, au fil des années, notre répertoire de mouvements peut progressivement se réduire.
On fait toujours les mêmes gestes. On évite certaines positions. On ne descend plus au sol. On ne se baisse plus de la même manière. On limite certains mouvements parce qu'ils sont devenus moins familiers.
Le corps finit par devenir très compétent dans ce que nous lui demandons… et beaucoup moins dans le reste.
Le travail du mouvement consiste notamment à rouvrir progressivement cet éventail.
Après 55 ans, il ne s'agit pas seulement de ne pas perdre
C'est probablement l'idée la plus importante.
On présente souvent l'activité physique après 55 ans comme un moyen de conserver ses capacités. Conserver sa force. Sa mobilité. Son équilibre. Son autonomie. Très bien.
Mais pourquoi s'arrêter là ? Le corps est encore capable d'apprendre.
Une personne qui n'a jamais vraiment travaillé son équilibre peut devenir beaucoup plus stable. Une personne qui n'a jamais été à l'aise au sol peut apprendre à y descendre et à en sortir avec davantage de facilité. Une personne qui s'est toujours considérée comme peu mobile peut découvrir qu'elle possède des possibilités qu'elle n'utilisait simplement pas.
Et parfois arrive ce moment particulièrement agréable :
« Je ne pensais pas que je serais capable de faire ça. »
C'est une sensation qui n'a pas d'âge.
Découvrir de nouvelles capacités
Imaginez une personne de 63 ans qui n'a pratiquement jamais travaillé au sol. S'asseoir par terre lui paraît compliqué. Se relever demande plusieurs appuis.
Elle pourrait facilement penser : « À mon âge, ce n'est plus pour moi. » Mais pourquoi serait-ce nécessairement vrai ?
On peut commencer autrement. Avec un appui. Avec une amplitude réduite. Avec un mouvement simplifié. Puis progressivement, le corps apprend. La descente devient plus facile. Les appuis deviennent plus efficaces. Le contrôle s'améliore.
Et un jour, cette personne se retrouve au sol… puis se relève. Sans y avoir vraiment pensé.
Elle vient de développer une capacité qu'elle n'avait peut-être jamais eue.
Ce n'est pas spectaculaire. Et pourtant, c'est une vraie victoire. Parce qu'elle change la représentation que l'on a de son propre corps.
Le plaisir de sentir son corps capable
Il y a quelque chose que l'on oublie souvent lorsqu'on parle d'activité physique après 55 ans : le plaisir.
- Le plaisir de bouger sans appréhension
- Le plaisir de réussir quelque chose qui semblait difficile
- Le plaisir de sentir que l'on contrôle mieux son corps
- Le plaisir de découvrir un mouvement
- Le plaisir, parfois, de jouer avec son équilibre ou avec ses appuis
Ce plaisir est important, car il change complètement la relation que l'on peut avoir avec l'activité physique. On ne fait plus seulement des exercices parce qu'il « faut entretenir son corps ». On bouge parce que c'est intéressant de voir ce que l'on peut encore apprendre.
La mobilité ne consiste pas seulement à être souple
Être mobile ne signifie pas simplement pouvoir aller loin dans une position. La vraie question est aussi : pouvez-vous contrôler cette position ? Et pouvez-vous en sortir ?
Pouvoir descendre en position accroupie est intéressant. Pouvoir descendre et remonter facilement l'est davantage. Pouvoir tenir sur une jambe est utile. Pouvoir retrouver son équilibre lorsque l'on perd légèrement son appui l'est encore plus. Pouvoir tourner les épaules est intéressant. Pouvoir tourner son corps pour attraper quelque chose derrière soi est une capacité directement utile.
La mobilité est donc intimement liée à la force, à l'équilibre, à la coordination et au contrôle.
Un corps mobile n'est pas seulement un corps qui va loin. C'est un corps qui possède des solutions.
Donner davantage de solutions à son corps
Imaginez votre corps comme une boîte à outils. Plus vous avez d'outils disponibles, plus vous pouvez vous adapter aux situations.
Un obstacle sur votre chemin. Un sol irrégulier. Un objet lourd à déplacer. Une perte d'équilibre. Une position inhabituelle. Une randonnée. Une activité nouvelle. Un jeu avec vos petits-enfants.
La vie ne vous demande jamais de réaliser exactement trois séries de dix répétitions. Elle vous demande de vous adapter.
Le travail du mouvement cherche donc à multiplier progressivement les solutions dont votre corps dispose : plus de mobilité, plus de force, plus de contrôle, plus d'équilibre, plus de coordination, plus de possibilités.
Il n'est jamais nécessaire d'avoir été sportif
Le travail du mouvement n'est pas réservé aux anciens sportifs. Vous n'avez pas besoin d'être souple. Vous n'avez pas besoin d'être fort. Vous n'avez pas besoin de savoir faire des pompes ou de tenir en équilibre sur les mains.
Vous partez simplement de là où vous êtes aujourd'hui. Un mouvement peut être simplifié. Une difficulté peut être adaptée. Un appui peut être ajouté. Une amplitude peut être réduite. Puis, lorsque le corps devient plus à l'aise, la difficulté peut évoluer.
Il ne s'agit pas de réussir l'exercice. Il s'agit de faire progresser vos capacités.
Continuer à développer son corps après 55 ans
Vieillir est inévitable. Mais vieillir ne signifie pas nécessairement arrêter de progresser.
À 55, 60, 65 ou 70 ans, vous pouvez encore :
- Développer votre force
- Améliorer votre mobilité
- Travailler votre équilibre
- Apprendre de nouveaux mouvements
- Améliorer votre coordination
- Retrouver de l'aisance dans certaines positions
- Découvrir des capacités que vous n'aviez jamais développées auparavant
Et surtout, vous pouvez continuer à construire un corps qui vous permet de faire les choses qui comptent pour vous. Marcher longtemps. Voyager. Jardiner. Randonner. Danser. Jouer avec vos petits-enfants. Vous relever du sol. Ou simplement vous sentir libre dans vos mouvements.
La bonne question à se poser après 55 ans
Alors peut-être que la question n'est pas seulement : « Comment éviter de perdre mes capacités en vieillissant ? »
Mais aussi : « Qu'est-ce que je pourrais encore apprendre à faire avec mon corps ? »
La réponse n'est pas forcément spectaculaire. Elle peut être aussi simple que se relever plus facilement du sol. Tenir son équilibre un peu mieux. Bouger ses épaules avec davantage de liberté. Porter une charge plus facilement. Ou réaliser un mouvement que l'on pensait hors de portée.
Et parfois, la progression vous surprend. Vous essayez quelque chose. Vous recommencez. Vous progressez. Puis un jour, vous le faites.
« Tiens… je ne savais pas que je pouvais faire ça. »
C'est peut-être l'une des plus belles raisons de continuer à développer son corps après 55 ans.
Pas pour lutter contre son âge. Mais pour découvrir ce que l'on peut encore devenir capable de faire.